Conduire, Savoir se conduire

« Citoyens sur la route, citoyens dans la vie »

Ce projet a été initié il y a cinq ans, en novembre 2009 avec le soutien du Département.

Au plan des objectifs poursuivis, il s’agissait d’accompagner des publics identifiés par les services de l’association pour une mobilisation sur le projet d’insertion professionnel par l’apprentissage de la conduite automobile en vue de l’obtention du permis de conduire et d’une formation citoyenne.

Il s’agit bien de transformer les pratique sociales des jeunes afin d’influencer leurs manières de se conduire dans la vie.

Nous pouvons résumer les enjeux du projet comme suit :

En matière de citoyenneté,

L’action développe la civilité, le respect de la loi et des autres, la sûreté, et la protection de la vie.

Elle aboutit par ailleurs, à une prise de conscience plus globale concernant les conduites à risques.

Bien qu’étant vécue de manière individuelle, l’acquisition de bonne conduite est aussi une action éminemment sociale et collective, en ce sens que l’automobiliste qui a été formé en contact avec d’autres dont il ne peut ignorer les difficultés, sera mieux préparé à être au volant, tolérant et bienveillant à l’égard des autres.

La considération des faits polluants et la défense de l’environnement, ainsi que la responsabilité individuelle laquelle va bien au-delà du seul respect du code de la route. L’éco conduite peut se résumer à tout ce qui concours à générer des économies de carburants, de gestes dangereux (pour soi et les autres) et d’impacts sur l’environnement.

En matière d’éducation,

L’action permet aux bénéficiaires de renouer avec la notion « d’examen » que la plupart ont abandonnée en raison de leurs difficultés scolaires, et ainsi, leur offre de renouveler une situation d’apprentissage et d’acquisition de connaissances. Elle participe au développement personnel puisqu’elle sollicite les capacités de concentration, d’observation, d’anticipation, de confiance en soi et aux autres, d’évaluation.

En ce sens, elle procure aux jeunes en formation, les facultés d’analyse indispensables à la maîtrise de soi, et combat les comportements déviants de nombreux périls.

Ce projet est un support de l’activité des équipes éducatives de notre association.

Il permet de remobiliser les jeunes sur leur parcours, de les aider à dépasser une situation complexe, et de les aider à compléter un parcours de formation.

En matière de professionnalisation,

Les jeunes multiplient d’autant plus leurs atouts pour accéder à l’emploi, que le permis de conduire est exigé pour nombre de métiers même lorsque ceux-ci ne relèvent pas du secteur des transports.

Une fois gravies les marches d’un parcours plus global comprenant des expériences de socialisation et des acquis de formation, les jeunes sont plus aptes à faire valoir leur candidature pour un emploi, à négocier un stage ou un contrat, à pratiquer une orientation ou opérer des choix.

 Le projet est centré sur les apprentissages fondamentaux (lecture, compréhension, mesure des risques, applications de consignes strictes), sur la transposition de gestes dans la vie quotidienne.

Nous mettons l’accent sur la conduite accompagnée et la sécurité routière.

En effet, nous constatons que l’apprentissage anticipé de la conduite et l’aide à la formation, ont de réels effets de renforcement sur l’amélioration du comportement routier.

Les statistiques nationales révèlent une influence positive sur la sécurité routière et le taux de réussite à l’examen.

1/  Les données chiffrées

2010 2011 2012 2013 2014
Jeunes positionnés 13 25 25 18 29
Entrées 9 23 13 14  27
Réussite code 3 12 13 7 11
Réussite permis 2 3 9 9 6
Sorties 4 6 9 6  4
Remarques réussites permis 3 inscrits 2010 5 inscrits 2012 1 inscrit 2011
2 inscrits 2011 1 inscrit 2012
2 inscrits 2013

 2/ Evaluation qualitative

L’évaluation a porté sur des critères simples :

Permettre de renouer avec la notion d’examen,

D’une façon générale, nous avons constaté peu d’échecs.

Les jeunes acquièrent de l’assurance lors des leçons de conduite accompagnée.

Lors de celles-ci, en petit effectifs, ils s’approprient mieux les significations des usages de la route pour passer à la pratique lors de la réussite au code.

Ils découvrent des situations de conduite plus variées et acquièrent une expérience solide avant la présentation à l’examen.

Pour les échecs enregistrés, les jeunes inscrits ne baissent pas pour autant les bras. Ils continuent de travailler soit la partie Code, soit la partie Conduite.

Ils arrivent à analyser leurs points faibles après l’examen, avec l’aide du moniteur et du référent conduite de l’association.

Des jeunes plus autonomes ne suivent pas notre projet, cependant notre expertise étant reconnu, ils viennent souvent nous demander conseils pour mieux choisir leur auto écoles ou autres renseignements sur des questions plus administratives.

Permettre aux jeunes de se remobiliser sur leur parcours personnel,

Le repérage des freins à l’entrée du dispositif (administratifs, sociaux, médicaux, …), nous fait constater que les jeunes concernés cumulent des difficultés. En effet, nombreux sont ceux qui ne possèdent pas leur BSR, qui s’obtient au collège (cette pièce est indispensable pour s’inscrire au permis).

L’accès au projet permis permet d’assurer un accompagnement global :

  • Redéfinition du projet personnel,
  • Définition de l’enjeu du permis dans ce projet,
  • Mise au point de la situation administrative,
  • Mise au point de la situation médicale,
  • Mise au point sur les addictions.

Au plan de la santé, et suites aux orientations à la CPAM de Bobigny, nous constatons que leur état de santé (ouïe, vue, santé générale) se dégrade. Ce bilan permet d’engager des suites favorables pour le traitement des atteintes pour les cas les plus délicats.

Dans le parcours des jeunes, le bilan de santé est une véritable étape de reliaison avec les services médicaux.

En effet, les enfants sont plutôt bien suivis, les adolescents beaucoup moins. Les rendez vous adultes se font souvent lors des embauches. Notre public étant dans un entre deux, il échappe aux modalités de suivis engagées par le département.

 Un suivi renforcé,

Nous constatons que les jeunes sont en demande d’appui et de soutient. C’est une opportunité pour renouer les liens avec les partenaires qui les suivent dans leurs parcours  (missions locales, associations intermédiaires employeurs, régie de quartier, C2DI).

Des points de situation sont effectués avec les partenaires pour affiner les suivis et observer les progressions des jeunes.

Nous pouvons ainsi mesurer la manière dont ils s’approprient les mises en situations et les exercices proposés.

Développer les gestes de solidarité (conduite solidaire, covoiturage, transports de biens, …)

Lors de la mise en œuvre du dispositif, nous nous sommes rapprochés d’une structure : l’ARPEI à Gagny. Nous avons conduit des personnes handicapées sur leurs lieux de rendez vous en Ile de France et sur leurs lieux de vacances en province.

Dans ce cadre, les jeunes les plus aguerris ont pu rencontrer d’autres personnes en situation de handicap et participer à une mission d’intérêt sociale.

De même, nous avons transporté des biens (tableaux), des personnes pour des visites de familles, … Ces contextes multiples de covoiturage ont renforcé chez les jeunes leur sentiment d’utilité pour la société.

Développer des comportements sécuritaires,

Pendant le passage du permis de conduire, les jeunes acquièrent des connaissances en matière de sécurité routière.

Le rappel des usages est effectué en situation, lors de la conduite en voiture, notamment, les situations d’accidents et les facteurs de risques. Ils les mettent en pratique en apprenant le  partage de la route.

Le coût du non respect des règles de sécurité est très souvent abordé. Chacun connaissant une personne victime de la route.

Les difficultés rencontrées,

  • Les auto-écoles sélectionnent leur public à l’entrée, excluant de fait les jeunes que nous accompagnons.

Pour dépasser cette logique, nous nous sommes rapprochés des auto-écoles appartenant à de petits réseaux ou d’auto école acceptant notre mode de fonctionnement associatif.

  • Les jeunes sont dans un rapport d’immédiateté. Ils ont des difficultés à concilier le temps nécessaire aux apprentissages et la contrainte des dates d’examens disponibles. Ils sont souvent enclins à abandonner ou changer d’auto école. Cela augmente les tracasseries administratives les délais de présentation aux examens.
  • Nombreux sont ceux qui choisissent de conduire sans permis, suite à un échec au code ou à la conduite,

Sur ce sujet, nous avons cherché à sensibiliser les publics sans pour autant obtenir de résultats probants.

  • L’apprentissage du code de la route en libre service ou sur Internet ne favorise pas l’appropriation et la compréhension des panneaux signalétiques.

Devant cette situation nous avons mis en œuvre un atelier code de la route. Il s’adresse à ceux qui ont des difficultés de lecture et de compréhension.

  • Les jeunes les plus en difficulté financière sollicitent des chantiers ou d’autres dispositifs de soutient pour mener à bien leur projet.

A ce niveau l’association manque de relais opérationnels pour financer ou compléter le financement des projets des jeunes.

  • L’absence de permis peut constituer un véritable frein à la mobilité et à l’insertion professionnelle.

Les partenaires mobilisés (C2DI 93, missions locales) font état de réels difficultés concernant l’accès à l’emploi de ces publics.

  • Nous suivons les jeunes sur plusieurs années. Nous rendons compte d’un accompagnement qui peut durer de 6 mois pour les plus habiles à 36 mois pour les situations plus laborieuses. Nous avons recensé des jeunes inscrits sur les années 2011 qui ont réussit leur permis en 2013 et 2014.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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